Avant-propos

Isaac Bashevitch SINGER, Prix Nobel de littérature 1978, a écrit : « Le Yiddish est une langue qui rit. »

Fin de citation.

 

Isaac Jacques LERMAN ajoute :

Cette langue qui chante, quand elle pleure, quand elle rit,

Cette langue résiste et renaît de l’oubli,

Cette langue qui vient du fond de notre vie,

Cette langue mélodieuse de par sa prosodie,

Cette langue s’épanouit en l’enfant qui grandit,

Cette langue séduit, comme une voix amie.

 

Ce Yiddish qui nous accompagne depuis de longs siècles nous a aidés à résister aux épidémies de peste, de choléra, aux chasses aux sorcières, aux viols, aux bûchers, aux oppressions, aux exils, aux pogroms, à la shoah, aux haines antisémites et à toutes les injustices…

Cette langue riche, vivante, expressive, empreinte de tant de souvenirs et d’histoires est digne de respect et ne doit pas disparaître !

Elle a mis si longtemps à s’épanouir…

Chatoyante, imagée et communicative, elle a bercé mon enfance et m’a permis de capter la pensée la plus intime de mes parents et de mes proches.

Ce Yiddish, je l’aime. J’y suis lié comme à une personne bien-aimée.

Fort heureusement, il est en train de renaître. C’est un fait avéré et je désire ardemment qu’il survive. C’est pourquoi j’ai compilé ce recueil, non exhaustif, il s’en faut, en glanant ça et là dans ma mémoire, des adages et des expressions, pour servir de bouée au Yiddish tant aimé, qui berce encore nos âmes et s’accroche à nos gènes.

Cette langue vernaculaire s’est créée, par nécessité, en Europe centrale, pour permettre aux juifs isolés dans leur Shtetl, de parler entre eux autrement qu’en Hébreu (la Langue de D…).

Il semblerait que la base du yiddish ait été puisée dans des parlers germaniques, notamment dans les régions du Rhin. S’y sont ajoutés, au fil des siècles, des termes empruntés aux langues des pays traversés par les juifs. On y retrouve des mots hébreux, allemands, polonais, russes, français, anglais, et bien d’autres, tous yiddishisés. Le yiddish s’écrit de droite à gauche avec des lettres hébraïques et sa syntaxe se rapproche de l’anglais et non de l’allemand comme on serait enclins à le supposer. Le Yiddish est une LANGUE, puisque parlée par plus de quatre millions de personnes de par le monde.

Le yiddish possède une immense littérature :

Yitskhok Laybouch Peretz, Mendele Moykher Sforim, Shalom Alekhem (Un violon sur le toit), Yitskhok Bashevitch Singer (qui écrivait tout en yiddish et avait une traductrice en anglais à demeure) pour ne citer que ces quatre-là. Ils ont comblé le monde littéraire de leurs œuvres.

Ainsi que dans chaque langue, il existe un « yiddish littéraire » et un « yiddish populaire ». Je vous propose donc de découvrir, dans un Véritable Yiddish Polonais usuel (V.Y.P.), translittérés et à la portée de tous, certains proverbes, dialogues, expressions, locutions, phrases familières, pensées, insultes, injures et malédictions si énormes, qu’elles en deviennent des locutions amicales, voire des gentillesses.

A l’instar de son peuple, le yiddish ignore la violence.

Justifions, à présent, l’absence de classement que j’ai omis à dessein. Pourquoi les « vide-greniers », les « salles de ventes » et autres « foires à tout » sont-ils si attirants et ont tant de succès ?

On y cherche, sans contrainte, chacun selon ses goûts, ses besoins ou ses envies. Même si l’on n’a rien acheté, on en repart, l’esprit apaisé et enrichi de découvertes. Il en sera de même avec ce « Vrac ».

Le hasard est si attrayant et si inattendu !

 

Ouvrez une page et découvrez le yiddish tel qu’on le parlait en Pologne. Feuilletez, fouillez… Vous verrez bien. Un mot va vous interpeler, vos souvenirs vont ressurgir et alors… un de ces jours, qui sait, vous vous « mettrez » peut-être au Yiddish ! Farvous nicht ? Ver vayst ? (Pourquoi pas ? Qui sait ?)

 

Yitskhok Jacques Lerman

Paris, le 1 septembre 2019